Yves
- Francine Labelle

- 25 déc. 2025
- 2 min de lecture
Il y a un mois, jour pour jour, Yves nous quittait, malade, mais serein, au milieu de ses aquarelles et de ses tableaux, suite à une longue maladie qu’il portait secrètement derrière son sourire. Un long dédale de questionnements qu’il exprimait dans sa peinture en même temps qu’une assurance sereine qu’il partageait avec les étudiants dans sa manière de proposer discrètement une clé pour débarrer l’embarras des tactiles lorsque la sensation d’être bloqué-e- apparaissait. Voilà ce qui a surgi des témoignages des nombreux étudiants qui ont assisté à la mise en terre de ses cendres le 13 décembre, lors d’une fête qu’il avait lui-même programmée «à la Brel», son héraut qui faisait cette demande dans une de ses chansons : «J’veux qu’on rie, j’veux qu’on chante, j’veux qu’on danse, j’veux qu’on s’amuse comme des fous (…) quand cé qu’on m’mettra dans l’trou…»
Non, il n’avait pas peur de mourir. Sa sérénité tranquille nous a portés jusqu’à la fin, jusqu’à la piqure bénie qui est venue le soulager…
Oui, Yves a été le grand Capitaine du bateau qui nous a fait voyager dans des paradis de bonheur, à créer, à peindre, à fêter dans les joies lumineuses de la connivence et du soutien lors des expositions montées à l’atelier avec tout le travail silencieux qui n’y paraissait pas, mais qui faisait que nous avons «existé» comme école de peinture et comme artistes : les encadrements, les mises en place pour les cours, les publicités minutieusement réalisées et ce, discrètement, comme tout ce qu’il faisait.
Merci Yves ! Je me retrouve seule. Sans toi. C’est un vide béant que je contemple avec désarroi…. Tu sembles avoir attendu que notre livre sur la couleur* soit terminé de rédiger pour quitter, malgré les souffrances de tes derniers mois.
Tu as eu la générosité de donner tes tableaux - qui s’offrent au regard à ceux qui les ont aimés - plutôt que de les voir disparaître, perdus dans des fonds de placard… Quelle belle idée généreuse…
Merci !
On va continuer dans tes pas !
On va aiguiser notre regard pour voir surgir à l’infini les cadeaux de la vie en développant cette acuité, cette perception que tu savais transmettre à nos étudiants «tactiles» qui, soudainement après ton intervention auprès d’eux, redécouvraient l’enthousiasme du plaisir parce que le cadeau leur apparaissait de nouveau «à côté» de là où on l’attendait… Merci Grand Maître !
Merci Yves !
Je te serai reconnaissante jusqu’à mon dernier souffle…
La couleur
L’expression et le processus de création : apprendre à voir
Bientôt sous presse après correction des problèmes d’impression de la couleur justement !







Quel témoignage magnifique et vrai.
Denise Vaillancourt